Comprendre · histoire

L’histoire du Sudoku

Un jeu au nom japonais, inventé aux États-Unis, fondé sur une idée d’un mathématicien suisse du XVIIIe siècle et rendu mondial par un juge néo-zélandais.

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L’ancêtre mathématique : le carré latin

Au XVIIIe siècle, le mathématicien suisse Leonhard Euler étudie les carrés latins : des tableaux carrés où chaque symbole apparaît une seule fois par ligne et par colonne. C’est exactement la contrainte du Sudoku, moins celle du carré 3×3.

Euler ne conçoit pas un jeu mais un objet mathématique. La filiation est réelle, la paternité non : rien dans ses travaux ne ressemble à une grille à compléter avec des indices donnés.

Les puzzles français du XIXe siècle

Des journaux français de la fin du XIXe siècle publient des grilles numériques à compléter, avec des contraintes proches de celles du carré latin. Ces publications sont souvent citées comme des précurseurs. Elles restent toutefois des curiosités éphémères, sans continuité avec le jeu moderne.

1979 : le Number Place

La forme actuelle apparaît aux États-Unis. Une revue de jeux publie une grille 9×9 divisée en neuf carrés, avec des indices donnés et une solution unique, sous le nom de Number Place. L’architecte à la retraite Howard Garns est généralement crédité de sa conception, bien que son nom n’ait pas été imprimé à l’époque, ce qui explique que la paternité soit restée longtemps incertaine.

1984 : le Japon et le nom

L’éditeur japonais Nikoli reprend le jeu et le publie sous un nom long qui signifie en substance que les chiffres doivent rester célibataires, c’est-à-dire ne pas se répéter. Le nom est ensuite abrégé en Sudoku, contraction dans laquelle su désigne le nombre et doku l’unicité.

Nikoli apporte deux améliorations décisives qui expliquent le succès : la limitation du nombre d’indices donnés et surtout leur disposition en symétrie, qui rend les grilles agréables à regarder autant qu’à résoudre.

2004 : la diffusion mondiale

Un juge néo-zélandais retraité, Wayne Gould, découvre le jeu au Japon et développe un programme capable de générer des grilles à la demande. Il convainc un grand quotidien britannique de le publier fin 2004. En quelques mois, le Sudoku se répand dans la presse mondiale.

La rapidité de cette diffusion s’explique par trois qualités : les règles s’expliquent en une phrase, le jeu ne dépend d’aucune langue puisqu’il n’utilise que des symboles et il occupe très peu de place dans un journal.

Pourquoi des chiffres

Une confusion tenace veut que le Sudoku soit un jeu de calcul. Il n’en est rien : aucune addition, aucune opération n’intervient. Les chiffres ne sont que neuf symboles distincts et l’on pourrait jouer avec des lettres ou des couleurs sans changer une virgule aux règles. Certaines variantes le font d’ailleurs.

Aujourd’hui

Le jeu s’est stabilisé et a engendré une famille entière de variantes, du Sudoku samouraï au Killer Sudoku. Des championnats du monde sont organisés depuis 2006. Et le format papier reste très vivant : beaucoup de joueurs réguliers préfèrent la grille imprimée, où l’on peut annoter au crayon, à l’écran d’une application. C’est précisément ce que permet notre générateur.

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