Comprendre · bienfaits

Les bienfaits du Sudoku

Le Sudoku est régulièrement présenté comme une gymnastique du cerveau. La réalité est plus nuancée et plus intéressante.

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Ce que l’on peut dire avec confiance

Le Sudoku sollicite un ensemble de fonctions cognitives bien identifiées : l’attention soutenue, puisqu’une grille demande vingt à quarante minutes de concentration continue ; la mémoire de travail, quand on retient les candidats possibles d’une zone ; l’inhibition, quand il faut renoncer à une piste ; et le raisonnement par élimination.

Ce sont les mêmes fonctions que sollicitent la lecture attentive, les mots croisés ou l’apprentissage d’un instrument. Il n’y a rien de magique ni de spécifique au Sudoku là-dedans.

La question du transfert

C’est le point que la recherche a le plus étudié et le plus nuancé. S’entraîner à une tâche cognitive améliore les performances à cette tâche. La question est de savoir si le bénéfice se transfère à d’autres activités : mieux retenir une liste de courses, mieux suivre une conversation, mieux planifier sa journée.

Les travaux sur l’entraînement cérébral montrent des effets d’apprentissage clairs sur la tâche entraînée et un transfert vers d’autres domaines beaucoup plus limité qu’on ne l’espérait. Faire beaucoup de Sudoku vous rendra très bon en Sudoku. Le reste est plus incertain.

Vieillissement cognitif

Plusieurs études d’observation à grande échelle montrent une association entre la pratique régulière d’activités intellectuellement engageantes et de meilleures performances cognitives chez les personnes âgées. C’est un résultat robuste et souvent cité.

La prudence s’impose toutefois sur son interprétation. Une association n’est pas une causalité : il est très possible que les personnes dont les fonctions cognitives se maintiennent soient précisément celles qui continuent à faire des Sudokus et non l’inverse. Les deux mécanismes coexistent probablement.

Aucune étude sérieuse ne permet à ce jour d’affirmer que le Sudoku prévient une maladie neurodégénérative. Méfiez-vous des sites qui le prétendent.

Ce qui est certain, en revanche

Deux bénéfices ne font aucun doute et n’exigent aucune étude. D’abord, le Sudoku procure une activité absorbante, sans écran si vous l’imprimez, sans notification, sans compétition et sans enjeu. C’est devenu rare et cela a une valeur en soi.

Ensuite, il structure un moment : quinze minutes le matin avec un café, une grille le soir avant de dormir. Cette régularité a une valeur propre, indépendamment de tout effet cognitif mesurable.

En institution

Le Sudoku est très utilisé en maison de retraite, en hôpital de jour et en atelier d’ergothérapie, pour des raisons pratiques autant que cognitives : il ne demande aucun matériel, se pratique seul ou en groupe, s’adapte au niveau de chacun et ne met personne en échec si la difficulté est bien choisie.

Le format compte alors énormément. Des grilles en gros caractères, imprimées avec un fort contraste, font la différence entre une activité agréable et une source de fatigue visuelle. Voyez notre page sudoku en grand format.

La bonne façon de pratiquer

Si l’objectif est de solliciter réellement l’attention, choisissez un niveau où vous bloquez une ou deux fois par grille. Une grille qui se remplit machinalement n’entraîne rien. Une grille inaccessible produit surtout de la frustration. Voyez nos niveaux de difficulté pour vous situer.

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